Les boissons énergisantes, que sont-elles réellement ?

Les boissons énergisantes, que sont-elles réellement ?

Les boissons énergisantes sont très prisées de nos jours par les jeunes, près de 65 % des consommateurs sont âgées de moins de 35 ans. Mais qu’apportent-elles et surtout sont-elles sans risques ? Des études sur les impacts possibles de ces boissons sur la santé ont été lancées dans certains pays dont le Canada en 2005 et la France en 2008.

  • Définition :

Selon l’ANSES « le terme « boissons dites énergisantes » regroupe les boissons qui se présentent comme possédant des propriétés stimulantes tant au niveau physique qu’intellectuel. Elles contiennent généralement des ingrédients tels que caféine, taurine, vitamines, ou extraits de plantes (guarana, ginseng). »

  • Composition générale

Elles comportent le plus souvent une grande variété de composés organiques excitants et/ou qui contribuent aux arômes tels que : caféine, vitamine de la série B, taurine, maltodextrine, inositol, carnitine, créatine, extraits de plantes (guarana, ginseng, ginkgo, biloba…). L’ingrédient actif principal reste la caféine, issue d’extrait de guarana et présente dans le café et le thé. Un format moyen, environ 250 ml contient à peu près 80 mg de caféine. Les teneurs peuvent monter jusqu’à 150 mg voir même 300 mg selon le format et la marque.

On y retrouve généralement beaucoup de sucre, la majorité étant édulcorée à partir de sucre raffiné mais plusieurs possèdent également des sucres de remplacement de moindres qualités.

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  • Les points « positifs » des boissons énergisantes

Les boissons énergisantes ne sont pas à recommander et donc bien évidemment à limiter au maximum mais certains effets de ces boissons poussent les consommateurs à les consommer régulièrement :

– elles sont efficace contre le manque d’énergie et la fatigue qui peuvent impacter la vie à la maison, au travail, à l’école… ;

– la plupart des boissons contiennent de la caféine qui aiguise les aptitudes intellectuelles comme le fait une tasse de café, c’est pourquoi elles ont la préférence des étudiants en période d’examen ;

– elles permettent de supporter une certaine charge de travail physique ou intellectuelle.

  • Les risques liés à la consommation des boissons énergisantes

Le doute par rapport à l’innocuité de ces produits persiste. De ce fait certain pays ont réglementé l’accès à ce type de boisson, surtout chez les jeunes (par exemple, en Norvège la vente est limitée aux pharmacies). Les risques liés à leur consommation sont variés :

– Symptômes ponctuels liés à la consommation plus ou moins importante de ces boissons (peuvent varier selon le métabolisme et la corpulence du consommateur). Une canette contient environ 80 mg de caféine, très proche de la dose de perception des effets secondaire 100 à 160 mg et proche de la limite supérieure de consommation admise (200mg/jour) : insomnie, anxiété voire crise de panique, accès de nervosité, hallucinations, agitation incontrôlée, épilepsie, maux de ventre, évanouissements, effets secondaires cardiovasculaires tels que sensations d’oppression ou de douleurs thoraciques, trouble du rythme cardiaque (tachycardie), vasoconstriction périphérique, effet hypertenseur, voire mort subite.

– Surdosage chronique en caféine (fixée à 400 mg par Santé Canada) peut créer une accoutumance et entrainer des effets secondaires importants lors du sevrage : hypertension artérielle passagère, maux de tête, bradycardie.

– Mélanger à de l’alcool les dangers sont accrus : risque de tachycardie, d’hypertension et d’attaque cardiaque. De plus la caféine contrecarre les effets sédatifs de l’alcool pouvant entrainer une consommation plus importante de celui-ci. La consommation de ces boissons pourrait aussi faciliter une dépendance à l’alcool.

– Elles ne doivent être consommées ni avant, ni pendant, ni après un effort physique, car leur consommation dans ces conditions expose à des risques potentiels sur la santé tels que mauvaise hydratation, fuites minérales, troubles du rythme, effets cardiovasculaires…

– L’absence de sodium de certaines peut amener une hyponatrémie lors des efforts prolongés en ambiance chaude. Elle se manifeste par des troubles cardiovasculaires, neurologiques allant de l’altération de vigilance et d’attention, jusqu’au coma.

Consommées autour d’une activité physique elles exposent donc aux blessures par deux mécanismes principaux :

⇒Etant des boissons très acides (pH entre 3 et 4), elles risquent d’accentuer l’acidité que l’organisme produit naturellement à l’effort et par conséquent nuire à l’effort et aux capacités de récupération. L’acidification de l’organisme est le terrain adéquat aux blessures sportives comme les tendinopathies.

⇒Etant composé de substances diurétiques (ex : caféine) la fuite d’eau et de minéraux (calcium, magnésium, chlore, sodium) par les urines est favorisée ce qui est contraire à l’obligation de bien hydrater son corps pour qu’il s’adapte à l’effort. Boire de l’eau est donc un impératif pour compenser les pertes (sudation) et restaurer le stock d’eau, toutes les substances présentant l’effet inverse exposent à la déshydratation et désordres électrolytiques. Ces deux risques font partie des principales causes de blessures, de fatigue et de fatigabilité à l’effort, d’inadaptation à l’effort et de contre-performance, de mauvaise récupération. La déshydratation associée au désordre électrolytiques sont deux facteurs simultanés d’augmentation du risque de blessures musculo-tendineuses et de trouble du rythme cardiaque.

Remarque : En 2008, le ministre français de la santé avait sollicité l’InVs et l’Afssa afin de mettre en place un observatoire des effets éventuels de ces boissons. Les données disponibles fin 2008 ne permettaient pas de conclure à des effets aigus indésirables pour la boisson énergisante autres que ceux induits par la caféine. Quelques cas de personnes ayant présenté des symptômes de type neurologique incitent à la prudence même si l’existence d’un lien avec la consommation de la boisson énergisante y soulève toujours un doute. Le ministère de la santé déconseille la consommation des boissons énergisantes par les femmes enceintes, les sportifs et les enfants et recommande de ne pas associer cette consommation « à des boissons alcoolisées, substances ou des médicaments ayant une action sur le systèmes nerveux central ou des effets neurologiques ».

En 2012, une jeune américaine est décèdée suite à une arythmie cardiaque par une surdose de caféine, liée à une boisson énergisante.

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